Défense européenne : en 2026, l'heure de l'exécution a sonné
information fournie par Zonebourse 09/02/2026 à 16:22
L'année 2025 aura été celle de la défense. En un an, les titres des principales valeurs européennes du secteur ont littéralement explosé, conséquence des tensions géopolitiques accrues aux quatre coins du globe : 460% pour Exail, 207% pour Saab, 125% pour Rheinmetall, 122% pour Hensoldt, 86% pour Leonardo, 63% pour BAE Systems, 61% pour Thales, 37% pour Safran...
Si des replis ont parfois été observés après des périodes d'accalmie géopolitique et d'espoirs de cessez-le-feu (Israël, Iran, Ukraine...), ils ont à chaque fois été suivis d'un retour rapide des investisseurs. Chaque baisse a aussitôt été perçue comme une opportunité d'entrée, témoignant d'une demande désormais structurelle pour les valeurs de défense.
"Le programme de réarmement s'inscrit désormais dans des plans pluriannuels plutôt que dans une dépendance envers un événement ponctuel", abonde Aneeka Gupta, directrice de la recherche macro-économique chez WisdomTree.
Le contexte géopolitique mondial a ainsi entraîné un véritable boom du secteur. Les revenus des grands maîtres d'oeuvre (les grands industriels) ont progressé de 13% au cours de l'année écoulée, dépassant les prévisions de 7%, rappelait récemment Jefferies dans son rapport "Mid Flight".
Le vrai enjeu : produire plus et plus vite
Les analystes en charge du secteur sont clairs : le principal goulot d'étranglement n'est plus la demande, mais la capacité de production. Munitions, défense aérienne, drones, guerre électronique et maintenance font face aux mêmes contraintes industrielles.
Ainsi, fin janvier, une note de Danske Bank rappelait les difficultés rencontrées à transformer rapidement les enveloppes budgétaires allemandes en commandes effectives.
Conscient de cet écueil, le Bundestag a adopté le 16 janvier 2026 une loi visant à accélérer la planification et l'achat de matériels de défense afin de pouvoir équiper plus rapidement les forces armées, et donc rapprocher les trajectoires budgétaires annoncées des dépenses effectives.
Pour les acteurs du secteur, cette réforme pourrait constituer un catalyseur important dès 2026, avec une amélioration attendue du rythme des commandes publiques.
En conséquence, les investisseurs se tournent plus volontiers vers les groupes capables d'augmenter rapidement leurs capacités, de sécuriser leurs chaînes d'approvisionnement et de respecter les calendriers contractuels. Morgan Stanley souligne que la taille critique, la diversification et la visibilité des carnets de commandes sont devenues déterminantes, n'en déplaise aux acteurs plus modestes. Pour l'analyste, les commandes seront l'indicateur clé à surveiller en 2026 afin de sécuriser les trajectoires de croissance.
Vers un réarmement durable
Plusieurs facteurs pourraient soutenir le secteur en 2026. Ainsi, l'enlisement des efforts de paix renforce la perception d'un réarmement durable tandis que les tensions autour du Groenland et de l'Arctique mettent en lumière des besoins accrus en surveillance, défense antimissile et capacités navales, renforçant la volonté européenne de souveraineté. Dans ce contexte, WisdomTree évoque un scénario crédible de dépenses de défense proches de 3% du PIB d'ici 2030.
Par ailleurs, la politique américaine visant à limiter dividendes et rachats d'actions dans la défense tant que la production n'augmente pas pourrait conférer un avantage relatif aux groupes européens, plus flexibles dans l'allocation de leur capital, souligne Morgan Stanley. En effet, les groupes du secteur de la défense se préparent à ce que le Pentagone publie une liste des entreprises qui pourraient être soumises à des restrictions en matière de rachat d'actions et de versement de dividendes. Il y a un mois, Donald Trump avait signé un décret liant les rémunérations des actionnaires aux calendriers de livraison d'armes...
IPO et reconversion industrielle : leviers sous-estimés
Enfin, l'introduction en bourse très réussie du groupe tchèque CSG témoigne de l'appétit des investisseurs pour de nouvelles expositions au secteur et souligne le rôle croissant des marchés financiers dans le financement du cycle industriel. En parallèle, la reconversion du tissu industriel civil européen (automobile, aéronautique, électronique) apparaît comme un levier clé pour accélérer la montée en cadence, un avantage structurel souvent sous-estimé.
En 2026, la question n'est plus de savoir si les budgets augmentent, mais qui saura transformer les intentions politiques en capacités industrielles et en flux de trésorerie.
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